L’eau et le feu / 2018
eau et feu thomas journot
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Une affaire d’initiés, tiens.

On ne vient pas « chez Ulysse » par hasard. On est bouilleur de cru, amateur d’eau de vie, simple copain ou les trois. Un peu à l’écart d’un village de Côte-d’Or, trône un improbable bus-remorque, hérissé de cheminées. Un homme, solitaire, est au-dessus des deux marches de l’entrée, les cheveux en bataille, une cigarette à la bouche. Un ancien berger.

Patrick est distillateur d’eau-de-vie naturelle, ça, c’est sur le papier des douanes, car dans son atelier, c’est un artisan. Sa main, son œil, son oreille accompagnent l’expérience. Les trois alambics de l’atelier de distillation sont plus que tricentenaires tout comme le savoir-faire transmis par son prédécesseur, Ulysse. Et puis il y a cette atmosphère, noire d’usure et de suie, humide et chaude, même si l’hiver essaie de passer par les trous de la carrosserie. Le feu comble l’air de craquements et de fumée bleue, le fond de l’alambic qui bouillonne, bourdonne, et comme une réponse au grave, on entend le filet de la petite eau qui « pisse ».

Le distillateur n’est pas souvent seul, l’atelier est un lieu d’échange, on vient échanger les nouvelles, le casse-croûte, les histoires. En cette fin de journée, après avoir vidé la paille chaude et fumante qui tapissait le fond du gros alambic, récupéré la première passe qu’il redistillera demain, Patrick remet le banc et les chaises à la juste place. Un agriculteur apporte son matériel -des mirabelles macérées-, un peu de bois, et une bonbonne en osier, vide. Le grand Michel, lui, vient récupérer son jerrican transparent qui laisse entrevoir le liquide plus que limpide. Patrick pèse le résultat final, fait les papiers, sert un fond de goutte -forcément trop jeune-, à humer, à siroter. Des discussions apaisées, parfois des chansons, le maître des lieux allume les maigres ampoules, le soir hivernal arrive.

Cet atelier de distillation ambulant, c’est un lieu hors du temps, en voie de disparition, témoin d’un certain art de vivre.

Patrick, lui et son atelier de distillation, reviendront l’année prochaine.

En espérant qu’il y aura du fruit cet été.

 

 

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé.

– exploitation en cours (presse) –

Pour tout renseignement : contact

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